mardi 8 novembre 2011

Interview de Xeleniel

L'interview d'aujourd'hui sera celle de Xeleniel
Auteure de Nitescence à paraître aux Editions Sharon Kena


4ème de couverture
« Tout commence par un cauchemar, déchirant l'espace d'un instant, le voile de la réalité.
Puis une mère dont la vie n'a de sens que par l'existence de son fils, voit son monde basculer dans les méandres incertains d'une autre réalité. Là, règne une guerre, cachée aux yeux des mortels, entre des créatures mythiques dont seuls ses rêves pouvaient lui souffler l'existence.
Que faire quand on est partagé entre une passion interdite et un amour protecteur plus puissant que sa propre raison ?
Que faire quand notre vie est menacée à chaque instant et que l'on entraine avec nous amis et famille ?
La mort n'est pas une réponse acceptable lorsque la vie d'un enfant est en jeu... »





Voici l'interview

1/ Peux-tu me parler un peu de toi ?

C'est un exercice toujours difficile ! Je vais faire de mon mieux.
J'ai 32 ans, presque toutes mes dents d'origine, un goût immodéré pour la lecture et passionnée par tout ce qui touche à la FFF, que ce soit le cinéma, les jeux de rôles, les jeux vidéos, les séries TV et bien sûr la littérature. Ma passion pour l'écriture est venue en deux temps. Le français n'est pas ma langue natale, même si je la parle depuis 27 ans. Mais du fait de ma volonté à m'intégrer dès toute jeune, j'ai fait beaucoup d'efforts pour la parler et l'écrire correctement. C'est là que je suis tombée amoureuse de la langue. De plus, j'ai commencé très tôt à lire et à m'évader dans mon imagination et dans des genres méconnus à l'époque comme la SF et  la fantasy. Après avoir fait des concours  de poésie à l'école (au CE1 pour mon premier concours régional) puis au collège et lycée, j'ai compris que c'était « ma voie ». Encouragée par les professeur et mes camarades, j'ai écris depuis lors, mais uniquement dans le cadre privé. Il m'a fallut plus de 10 ans avant d'oser proposer un livre à un éditeur !


2/ Comment devient-on écrivain ?

Je n'en sais rien ^^ Ce que je sais, c'est que pour écrire, il faut de la volonté, de la passion et de l'imagination. Ensuite, pour devenir réellement écrivain (c'est à dire être publié et lu) je pense qu'il faut savoir se remettre en cause, s'asseoir sur sa fierté et ne jamais se décourager. Je ne compte le nombre de versions que j'ai écrites ! Mais il faut savoir prendre les critiques et s'améliorer grâce à elles. Si on ne fait pas ce travail, il est impossible d'y arriver.



3/ Qui t’as donné le goût de la lecture ?

C'est l'histoire d'une gamine de 10 ans environ, qui passe ses étés chez ses grands parents en pleine campagne et qui découvre au fond d'un placard des tas et des tas de livres. J'ai lu en premier « Les Trois mousquetaires » de Dumas. Ma grand-mère m'a alors désigné un tas de bouquins de la bibliothèque rose puis verte. La passion ne m'a plus lâchée et je n'ai pas beaucoup bronzé les années qui ont suivies !


4/Comment t’es venue l’idée d’écrire ce livre ?

D'un rêve étrange. Tout le livre vient de là. J'ai rêvé la scène où l'ange révélait sa vraie nature. Puis le rêve devenait cauchemar avec ce passage apocalyptique décrit chapitre un. Je me suis réveillée un peu dans le même état que mon héroïne, complètement chamboulée.
Les Muses me soufflent des scènes très fortes et je les retranscrit puis je construis une histoire autour. Je fonctionne vraiment à l'inspiration du moment et aux ressentis que me procure une scène. J'ai la chance de m'en sortir pas trop mal avec les mots, alors j'en profite pour le partager avec les lecteurs.
Pour  moi, c'est ce qui compte le plus : partager mon monde, mes rêves, mes sentiments.


5/ Qu’est-ce qui a été le plus dur à l’élaboration du roman ? (les idées, les illustrations, l’éditeur …)

Qu'est-ce qui n'est pas dur à l'élaboration d'un roman ? Ecrire est difficile parce que je suis une éternelle perfectionniste insatisfaite. Mais j'ai eu la chance de tomber sur une formidable bêta lectrice, Marie-Joie, qui m'a poussé à donner le meilleur de moi-même.
Faire illustrer ses écrits est douloureux car si, comme moi, on est nul pour dessiner ou manipuler une image, le résultat n'est jamais exactement comme on le souhaite. Là encore, je peux remercier une amie, Isabelle Meuriot, qui a magnifiquement travaillé (et quelle patience !)
Quant à l'édition, je crois que tout le monde sait à quel point il est difficile de trouver une personne qui accepte de prendre des risques pour un inconnu. Je dirais même que c'est impossible à moins d'être très très chanceux.


6/ Qui est le créateur des illustrations sur ton livre ?

La couverture a été réalisée par Isabelle Meuriot, une graphiste amateure et amie. Des dessins ont été réalisés par Eve, un connaissance du net qui a un coup de crayon fabuleux et disponible sur ma page FB. Que des inconnues qui ont lu l'histoire et m'ont proposé leur aide parce qu'elles ont aimé. Je ne les remercierai jamais assez ^^


7/ Quelles ont été tes sources d’inspirations ? (une musique, un film, un auteur …)

Je m'inspire d'abord de mes rêves puis d'auteurs et de séries que j'affectionne, autant que des grands classiques comme Shakespeare, Baudelaire, Racine, Tolkien. Je me régale aussi avec des écrits plus contemporains comme tout ce qui relève de la bit-lit ou Werber par exemple.
Quant à la musique, je ne peux écrire sans mes playlists Deezer qui comportent essentiellement de la musique de film. J'en ai créé plusieurs selon le thème de la scène : mélancolie, action, scène heureuse... J'adore des trucs très disparates, de Offspring, à Janice Joplin, Vivaldi, Slayer, certains groupes de rap et de reggae... C'est vaste ^^


8/ Est-ce que le mythe de la page blanche existe-t-il vraiment ?

Je pense que oui. Je n'ai pas encore eu ce problème et je ne souhaite à personne de le connaître. Pour moi, c'est plus le contraire : trop d'idées et pas assez de temps !


9/ Combien de temps faut-il pour écrire un roman de ce style ?

J'ai écris l'histoire complète en trois mois d'un seul et. ensuite, j'ai travaillé pendant deux ans en relecture et corrections et surtout pendant 6 mois avec ma bêta-lectrice du forum fanfic.fr qui m'a permis de vraiment donner un style à mon écriture. La réécriture fut très dure et j'ai dû passer par dessus mes craintes et ma fierté pour encaisser et profiter des critiques pour m'améliorer. J'ai vraiment dépassé mes limites pour réussir à écrire ce livre, mais ça m'a prouvé que je pouvais y arriver et ça, ça n'a pas de prix.
Sinon, je pense que cela dépend de l'inspiration et de la rigueur qu'on y met. Un an pour deux cent pages, je dirai. Moi j'ai traîné !


10/ Peux-tu nous dévoiler un petit extrait de ton livre ?

Un extrait exclusif du chapitre 10, mon préféré ^^
« J'avais essayé de le retenir un soir, alors qu'un orage avait explosé au-dehors. La foudre tombait sur les collines proches et sur les paratonnerres dont étaient équipées les maisons, habitués que nous étions à la violence particulière de ce temps dans notre région au point que nous avions cessé de remarquer son déchaînement presque irréel. Le ciel noir était strié des zébrures aveuglantes des éléments, force implacable s'abattant des nuages sombres et lourds qui me parurent autant de mauvais augure que la pluie qui tombait, assourdissante, sur le toit et les vitres de la maison. Comme d'habitude, il m'avait dit bonsoir, était allé prendre sa douche et s'apprêtait à ressortir.
  Attendez, Daegan.
Les mots étaient sortis malgré moi et j'eus un instant d'hésitation devant son regard glacial. Mais je voulais qu'il reste, qu'il soit là, avec moi, et non pas au-dehors, ayant pour seule compagnie le froid et la foudre.
  L'orage... dis-je lamentablement. Vous devriez rester vous abriter...
  Non, répondit-il aussitôt en ouvrant la porte-fenêtre de la cuisine.
Je me précipitai derrière lui pour le retenir, le confronter, qu'il m'explique enfin son attitude ! Je m'arrêtai à quelques pas, assez proche pour le toucher, mais sans oser le faire sur l'instant. La colère monta en moi, forte et incontrôlable, comme cela m'arrivait parfois et je ne pus adoucir la rudesse de mes mots.
  Pourquoi ? Pourquoi agissez-vous ainsi ? Qu'ai-je bien pu vous faire pour que vous me haïssiez à ce point ? criai-je hors de moi.
Il s'entêta à ne pas me regarder et je sentis ma volonté céder, comme une bulle qui explosait libérant un torrent de sentiments. J'attrapai son bras, tentant de le forcer à me faire face, tandis que le temps, rageur, envahissait le seuil de la cuisine, me faisant frémir de froid, mouillant mes pieds nus. Ma tentative de le faire bouger ne l'ébranla même pas. Mais il réagit immédiatement lorsque je le touchai. Il se retourna violemment, me poussant contre la table, s'avançant brusquement sur moi, me dominant de toute sa taille, son regard sombre, égaré. Je dus prendre appui sur le montant d'une chaise, terrifiée par sa colère, sa force...
  Vous ne savez rien des tourments dans lesquels vous m'avez plongé, Tara ! s'écria-t-il avec colère.
Je me souvins alors ce qu'il m'avait appris sur les Deva, leur perméabilité aux sentiments... Je le faisais souffrir... Il saisit mon visage fermement et plongea ses yeux dans les miens. Il dut y lire ma peur, ma tristesse, mes regrets, car, lentement, sa main se fit caresse et sa voix plus encore.
  Je ne vous hais point. Et pourtant... je l'aurais préféré... chuchota-t-il.
Mon cœur manqua plusieurs battements puis repartit dans une chamade désordonnée qui résonna à mes oreilles, aussi assourdissante que la foudre qui s'abattit proche. Il se recula, me relâchant, s'apprêtant à s'enfuir sous l'averse déchaînée tandis que j'essayais de donner un sens à ses paroles cryptiques. Il avait franchi le seuil, bravant le temps et le froid qui me glaçaient, paralysant ce geste, ce dernier geste que j'aurais aimé avoir le courage de faire. Car en cet instant, j'aurais tout donné pour le prendre dans mes bras, sentir à nouveau le contact de ses mains sur moi, de sa peau chaude, de ses lèvres... Mais j'avais la certitude d'avoir gâché ma dernière chance de le garder à mes côtés. Je l'avais perdu...
Non ! Il faut lui dire ! s'écria ma voix intérieure, me ramenant à la réalité.
  Je vous aime ! m'écriai-je.
Je sursautai, en portant la main à ma bouche, et écarquillai les yeux, horrifiée d'avoir dit cela à voix haute. Il recula d'un pas, sous le choc en me fixant. Le temps sembla se suspendre tandis que je me noyais dans ses iris d'émeraude qui peu à peu s'emplirent de regrets.
  Cela ne change rien, souffla-t-il.
Je voulus m'approcher de lui, mais il avait déjà refermé la main sur la poignée de la porte, comme pour m'empêcher de le suivre. Je me figeai, abasourdie par la violence de mes sentiments. Ma respiration se bloqua dans ma poitrine, une douleur sourde prenant naissance au niveau de mon cœur, et irradiant, implacable, jusqu'à la moindre parcelle de mon corps. Une sensation atroce et irréelle, comme si elle n'était pas que mienne. Alors, il se retourna, et je vis la douleur dans ses yeux.
Il était sous la pluie, déjà trempé par l'averse, et me faisait face. Ses cheveux perlaient de diamants d'eau qui coulaient lentement sur son visage, donnant l'illusion qu'il pleurait. Il me dominait de sa haute stature, mais je ressentis sa fragilité en cet instant, proche de la rupture... Seule la vitre froide nous séparait. Je posai les doigts sur la poignée de la porte. Je voulais ouvrir, le rejoindre...
Alors, il leva une main à hauteur de mon visage, en serrant les mâchoires, d'un geste lent, hésitant, comme pour caresser ma joue, et posa sa paume sur la vitre. Son regard me transperça et je me noyai en lui, voyant son âme tourmentée et superbe, ce supplice que je lui faisais injustement partager, et cette souffrance, toujours, immense et insondable... Je m'aperçus que je pleurais lorsque des larmes troublèrent ma vision. Je levai ma main, tremblante, et la plaçait face à la sienne. Sa chaleur corporelle était telle, que je la sentis à travers le verre. La poignée bougea légèrement, mais je ne le quittai pas du regard, hypnotisée par ses yeux rivés aux miens.
Le tonnerre tomba, proche, et m'aveugla un instant, le bruit assourdissant faisant vibrer la vitre. Mais lorsque je battis des paupières, il avait disparu.
Je ne tentai plus de le retenir. »


11/ Un petit mot pour tes lecteurs ou futurs lecteurs ?

J'aime lorsque les lecteurs me font part de leurs commentaires, de leurs impressions, leurs idées. Qu'ils n'hésitent pas ! Je suis disponible sur FB et sur mon blog.

Je remercie Xeleniel pour le temps passé  à me répondre.

Vous pouvez précommander son livre à partir du 15 novembre 2011:  ICI.
La date de parution est prévue pour le 22 novembre 2011.

Vous pouvez retrouver Xeleniel 





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