lundi 5 décembre 2011

Interview de Sabrina Richard

Après une petite période creuse, je reviens avec une nouvelle interview.

Cette jeune auteure vient de terminer son premier roman "Appelez-moi Jack" qui sortira prochainement aux Editions Edkiro

4ème de couverture
Emma Smith, jeune chroniqueuse au New York Times, se lance sur les traces de « Jack », un tueur en série, qui vient de kidnapper une fillette dans un musée pour enfants. Très vite, les évènements prennent une tournure inattendue. « Jack » sème des cadavres dans tout New York et prend un malin plaisir à répondre à chaque article de la journaliste, n’hésitant pas à lui envoyer des informations ainsi que ses « trophées ». Le FBI est sur les dents et Emma va devoir collaborer avec les agents fédéraux. Leur plan : entretenir avec le tueur une macabre correspondance, afin de le piéger !


Voici l'interview

1/ Peux-tu me parler un peu de toi ?

Enfant des années 70, j’ai été élevée en banlieue parisienne. A l’époque mon père était musicien et ma mère artiste-peintre et poète (mais ne vivant pas de leur Art, ils l’un et l’autre salarié). Après des études de Droit je suis entrée dans la vie active, voulant voler de mes propres ailes. J’ai travaillé quelques années comme secrétaire d’avocat puis j’ai posé mes valises dans une maison d’édition juridique où je suis restée pendant près de dix ans, avant de la quitter fin 2010.


2/ Comment devient-on écrivain ?

Par hasard ? Par amour des livres ? Par envie de raconter ce qui trottait dans ma tête depuis quelques années déjà ? Un peu de tout cela à la fois.
Je pense qu’il est difficile de dire comment on devient écrivain. C’est un ensemble de tellement de paramètres… Depuis plusieurs années j’avais un souhait : devenir immortel. N’ayant pas d’enfant ni de frère et sœur, je savais qu’une fois que je serais « partie », il n’y aurait aucune trace de mon passage sur cette belle planète. Et je voulais laisser une trace… L’on dit des artistes qu’ils sont immortels et j’ai trouvé que l’écriture était un bon moyen pour réaliser mon souhait. J’aurais pu choisir le dessin ou la musique mais je suis une piètre musicienne et mes talents de dessinatrice se limitent à la copie.


3/ Qui t’as donné le goût de la lecture et de l’écriture ?

Mes parents ! Comme eux je suis une passionnée de lecture. J’ai commencé assez jeune, avec des bandes-dessinées (Astérix et Tintin principalement), puis à l’âge de douze ans j’ai lu « Carrie » de Stephen King et cela a été une révélation : j’ai découvert le pouvoir des mots, leur force. D’autres auteurs m’ont donné envie d’écrire, comme Patricia Cornwell, James Patterson ainsi que Jeffery Deaver, trois grands auteurs de thrillers.



4/Comment t’es venue l’idée d’écrire ce livre ?

L’idée m’est venue le 29 août 2008. J’étais chez moi, je ne sais plus trop ce que je faisais à ce moment-là mais j’ai eu comme un flash, une image est apparue dans ma tête. Il s’agissait d’une jeune femme d’une vingtaine d’années, qui se tenait sur un trottoir de New York et qui contemplait un building. Et j’ai pensé « Voilà, elle y était. ». Sans le savoir, je venais de trouver la première phrase du prologue de ce qui allait devenir un roman de près de 400 pages !


5/ Qu’est-ce qui a été le plus dur à l’élaboration du roman ? (les idées, les illustrations, l’éditeur …)

Ce qui a été le plus dur ? Avoir assez de confiance en moi pour mener à terme le manuscrit. Ecrire ne m’a jamais posé de problème, les idées arrivent toutes seules : en prenant ma douche, en dormant, en me baladant ou en lisant.
Mais on ne peut jamais être sûr que ce que l’on écrit trouvera un public… Heureusement, j’ai croisé la route de gens qui m’ont encouragé à continuer, qui se sont passionnés pour l’histoire et qui m’ont même donné quelques pistes d’intrigues. Au fil des mois nous sommes devenus amis et je les remercie du fond du cœur pour m’avoir épaulé pendant plus d’un an et d’être toujours fidèles au rendez-vous.
La deuxième difficulté, est celle de la phase de relectures/corrections. Il faut accepter de faire des modifications, des coupes franches dans le texte. Pour m’aider dans cette tache j’ai fait appel à une professionnelle, Alexia Prud’homme, qui a fait du très bon travail.


6/ Qui est le créateur des illustrations sur ton livre ?

A la base je souhaitais un croquis représentant Emma, le personnage principal de mon roman, croquant une grosse pomme verte (pour faire le parallèle avec « Big Apple ») avec en fond quelques ombres de buildings dont celui du New York Times. Malheureusement, le projet n’a pas pu se faire. Je me suis donc rabattu sur le plan B. J’ai fouillé le web et ai trouvé une photo de Central park, avec des réverbères. Cela collait parfaitement avec une des scènes clés de mon roman (celle où l’on découvre le corps affreusement mutilé de l’une des victimes du tueur en série). J’ai récupéré également un bandeau « Crime scene do not cross » et j’ai envoyé le tout à la PAO de mon éditeur, Marie Charbit. Elle a tout de suite compris ce que je souhaitais et elle a fait de l’excellent travail.


7/ Quelles ont été tes sources d’inspirations ? (une musique, un film, un auteur …)

Contrairement à certains auteurs, je n’écoute pas de musique lorsque j’écris (cela me déconcentre et, au lieu d’écrire, je fredonne).
Il y a un film que je ne lasse pas de voir : « Wonder Boy » (avec Michael Douglas, Tobey Maguire et Robert Downey Jr). C’est l’histoire d’un prof d’université quinqua, qui a écrit dans sa jeunesse un livre qui s’est vendu à des centaines de milliers d’exemplaires. Depuis, tout le monde lui réclame un nouveau chef d’œuvre. Malheureusement, cela fait sept ans qu’il n’a rien publié. Il a pourtant un manuscrit en cours, un récit autobiographique qui fait des milliers de pages mais il se refuse à le faire publier.
A chaque fois que je vois ce film j’ai envie d’écrire, il m’inspire… par la beauté de son histoire, la justesse des sentiments des personnages et par le message qu’il fait passer : le dépassement de soi, la réalisation des rêves (le rôle de Tobey Maguire illustre très bien cela).
Comme je l’ai indiqué plus haut, plusieurs auteurs m’ont également inspiré. Pour l’un de mes chapitres (« L’autopsie »), je me suis directement inspirée des livres de Patricia Cornwell (j’ai relu l’intégralité de ses romans afin de me familiariser avec la procédure médico-légal). Les amateurs de James Patterson et de Jeffery Deaver retrouveront peut être également le style de ces auteurs dans le déroulement de l’enquête policière. Pour ce qui est de « Jack » et de son modus operandi, il est possible que certains lecteurs pensent que je me suis inspiré de Jeff Lindsay (« Dexter »), pourtant ce n’est pas lui que j’avais à l’esprit. Pour créer le personnage de Jack, je me suis basée sur des ouvrages de criminologie et de psychiatrie. Ceux de Stéphane Bourgoin (le spécialiste français des tueurs en série) ont également été très instructifs.


8/ Est-ce que le mythe de la page blanche existe-t-il vraiment ?

Je n’ai pas été confronté à ça, et heureusement. Si je n’ai pas d’idées et bien je ne me force pas. Inutile d’ouvrir son traitement de texte si l’on sait que rien ne viendra. Cela provoque de la frustration, puis de la colère, ce qui ne favorise pas un bon état d’esprit créatif.
J’ai lu sur différents forums internet qu’en cas de blocage il fallait se mettre à écrire tout ce qui nous passait par la tête et que, au bout du compte, quelque chose finirait bien par arriver… Je suis dubitative à cette méthode, mais après tout, chacun la sienne.
Le plus simple pour retrouver l’inspiration est encore de ne pas la forcer à venir. Il faut « passer à autre chose ». Il m’est arrivé de ne rien écrire pendant plus d’un mois, je n’en faisais pas un drame pour autant.
Ce que j’ai le plus aimé dans cette période d’écriture a été le lien que j’entretenais, et que j’entretiens toujours, avec mes personnages. Certaines idées faisaient leur apparition pendant mes rêves, comme je l’ai dit plus haut. Jack venait faire un tour dans ma tête et me susurrait à l’oreille « J’ai des choses à te dire, il faut que je te parle… ». Et le lendemain matin sitôt le petit déjeuner avalé, j’allumais mon ordinateur et je me mettais à écrire. Cela a donné naissance à plusieurs chapitres, tels que « A une poignée de secondes près… », « Le rituel » ou encore « Macabre découverte ».


9/ Combien de temps faut-il pour écrire un roman de ce style ?

J’ai mis un an jour pour jour (c’était le défi que je m’étais lancé). J’avais écrit quelques chapitres en 2008 mais j’ai ensuite laissé tomber mon roman pendant deux ans, pour des raisons personnelles. Ces chapitres n’ont d’ailleurs pas, dans leur majorité, été intégrés à l’histoire.
Le travail d’écriture ne représente qu’une part infime du nombre d’heures de travail. Ce qui prend le plus de temps ce sont les recherches. J’ai lu une quantité impressionnante de livres spécialisés en sciences criminelles, médico-légal, psychologie etc… et j’ai passé également beaucoup de temps sur le web à la recherche de références, de rapports officiels sur les tueurs en série (il y a d’excellents sites américains sur le sujet).


10/ Peux-tu nous dévoiler un petit extrait de ton livre ?

J’aimerais pouvoir vous en donner plusieurs, mais il faut bien faire un choix… Je jette mon dévolu sur celui-ci, âmes sensibles s’abstenir :
Extrait du chapitre XVII « A une poignée de secondes près… ».

« Jack le regarda froidement dans les yeux.
— Vous aviez raison mon brave monsieur, vous n’auriez pas dû vous mêlez de ce qui ne vous regardait pas…
Il ferma sa main et lui assena un coup de poing dans la pomme d’Adam. L’homme s’écroula, sa respiration était difficile, il essaya de tousser et de parler mais son larynx ayant été broyé, il n’avait aucune chance d’y arriver.
En dépit de la douleur il essaya de garder les yeux ouverts. Il vit son agresseur le contourner et sentit son corps glisser sur le revêtement du parking. La peur le tétanisa lorsqu’il réalisa ce qui allait se passer, sa vessie se vida malgré lui, et l’urine chaude coula doucement, laissant une trace bien visible sur le devant de son pantalon.
Une fois caché entre deux voitures, Jack fit ce qu’il avait à faire. Cela ne le retarderait que de cinq minutes environ sur son planning, rien de bien grave en somme.
Il se redressa et fracassa le crâne du pauvre homme à coups de pieds, s’acharnant sur lui avec vigueur. Il entendit les os craquer plusieurs fois… Le corps gisant sur le sol ne bougeait et ne respirait plus. Pour faire bonne mesure, il continua tout de même à taper encore deux ou trois fois puis, sentant la sueur couler dans ses yeux, il l’essuya d’un mouvement sec à l’aide de la manche de sa veste. Le crâne de l’homme était un vrai puzzle à présent, et si Jack l’avait voulu, il aurait pu voir la matière cérébrale de sa victime au milieu des fragments d’os. Mais il n’en avait cure… Il enjamba le cadavre, et rejoignit l’objet de sa convoitise. »


11/ Comment te sens-tu avant la sortie de ton roman ?

Très excitée mais également anxieuse… « Et si mon roman ne trouvait pas son public ? » Telle est la question qui me taraude.
Se faire publier est devenu très difficile de nos jours, tant de manuscrits sont refusés par des éditeurs alors qu’ils n’ont même pas été lus !
Les éditions Kirographaires m’offrent ma chance, j’espère que les lecteurs seront au rendez-vous et qu’ils me suivront également pour le tome 2 « Jack a dit ! », qui est en préparation.
J’ai hâte de tenir entre mes mains un exemplaire de mon roman, d’en sentir le poids et également l’odeur.
J’ai le doux rêve d’imaginer que je croiserais peut être des gens dans le métro ou dans le bus qui seront en train de le lire.


12/ Un petit mot pour tes lecteurs ou futurs lecteurs ?

Je voudrais d’abord remercier les personnes qui ont lu le premier jet du roman lorsqu’il était sur mon blog. Leur soutien et leurs encouragements m’ont été précieux, sans eux je n’aurais peut-être pas été jusqu’au bout de cette grande aventure.
A mes futurs lecteurs je voudrais dire ceci : En lisant « Appelez-moi Jack ! » vous allez découvrir une partie de mon univers, celui des tueurs en série. Cela fait maintenant plus de quinze ans que je me documente sur le sujet. J’espère que vous prendrez autant de plaisir à lire mon thriller que j’en ai eu à l’écrire. Malgré les périodes de doutes, écrire ce roman a été pour moi la plus belle aventure que j’ai vécue jusqu’ici.

Je voudrais remercier Sabrina pour le temps qu'elle a passé à répondre à mon interview.

Vous pouvez précommander le roman ICI


Et vous pouvez retrouver Sabrina 


1 commentaire:

Sabrina Richard a dit…

Merci Jenny pour cet interview, cela a été un réel plaisir de me prêter à cet exercice ;-)