dimanche 11 décembre 2011

Interview de Stéphane Soutoul

J'ai pris un peu de retard concernant la mise à jour de mon blog.

Pour cette semaine, je vous propose l'interview de Stéphane Soutoul, auteur de Le mal en la demeure et Le sacrifice des damnés de la saga Le cycle des âmes déchues.


Voici le dernier livre qui vient de sortir aux Editions du Petit Caveau

4ème de couverture

Fin du XIXe siècle. Paul de Lacarme, l'héritier d'un clan dévoué à la chasse aux vampires, regagne la demeure familiale après une longue errance. Sur place, il ne découvre que mort et désolation. Les résidants du domaine mis à sac ont été assassinés, mais surtout sa sœur est portée disparue.
Léonore de Lacarme couve en son sein un terrible enfant convoité par un groupe de fanatiques. La jeune femme enceinte pourra-t-elle échapper à ces individus prêts à tout pour accomplir leurs sombres dessins ? Et son fiancé, cet amant à présent devenu un prédateur aux mœurs sanglantes et à la séduction irréelle… peut-elle encore lui accorder sa confiance ?
Paul de Lacarme va tenter l'impossible pour retrouver l'unique famille qui lui reste et la soustraire à un funeste destin. À moins que la trahison d'un ancien amour ne le précipite lui aussi au cœur d'un piège sans retour… 

Voici mon interview
1/ Peux-tu me parler un peu de toi ?

Je suis un auteur âgé de 34 ans. Ma bibliographie actuelle s'inscrit dans le registre du fantastique, du gothisme et de la fantaisie urbaine. Ma première série, Le Cycle des âmes déchues, est actuellement en cours de publication aux éditions du petit caveau. Certaines de mes nouvelles figurent au sommaire de diverses anthologies. Je suis un mordu de livres, mais aussi de BD, de ciné et de séries TV… bref de pop culture. Autodidacte, je chronique certaines de mes lectures sur des blogs et au sein de diverses revues.


2/ Comment devient-on écrivain ?

Je pense qu'on devient écrivain de la façon la plus simple du monde : en aimant lire, écrire et partager ses histoires. Car on n'écrit jamais pour soi, mais bien pour les autres. Une prédilection à la narration est évidemment nécessaire, ainsi qu'une sensibilité aux textes. Pour ma part, je suis passé du statut de lecteur à celui d'auteur sans vraiment m'en apercevoir. La transition dans les coulisses du livre s'est faite naturellement. L'essentiel à retenir et de ne surtout pas compter son temps lors de l'élaboration d'un roman.


3/ Qui t’as donné le goût de la lecture et de l’écriture ?

Le goût de l'écriture résulte avant toute chose pour une passion de la lecture. Celle-ci s'est imposée à moi très jeune, sans réelle influence de mon entourage. Je pense qu'elle faisait écho à un besoin d'évasion par l'imaginaire, par les mots. L'envie – le besoin pourrait-on dire – de raconter à mon tour des histoires est venu plus tard. J'ai toujours voué une grande admiration pour les auteurs tels que JK Rowling, Tolkien ou Laurel K Hamilton qui parviennent à fédérer l'attention d'un large public par la force de leur inspiration.



4/Comment t’es venue l’idée d’écrire ce genre de livres ?

L'idée m'est venue d'écrire Le Cycle des âmes déchues suite à un penchant pour les histoires sombres et romantiques. D'un amour indéniable pour les vieux châteaux, les atmosphères baignées par le clair de lune et les esthétiques au charme suranné. J'ai toujours aimé les fictions tragiques, les amours impossibles, avec un attachement tout particulier pour la figure du vampire.


5/ Qu’est-ce qui a été le plus dur à l’élaboration du roman ? (les idées, les illustrations, l’éditeur …)

Me concernant, le plus délicat lors de l'élaboration d'un roman est de tisser une intrigue efficace. Les scènes d'actions me demandent, elles aussi, beaucoup d'attention. Je m'organise de sorte à consigner les idées au fur et à mesure qu'elles se présentent. Il m'est ainsi possible de les exploiter plus tard. En ce qui concerne les éditeurs, ces derniers sont à ce jour suffisamment réceptif aux œuvres d'auteurs francophones pour ne pas rencontrer de difficultés particulières à leur soumettre une histoire, si celle-ci correspond à l'une de leurs collections.



6/ Qui est le créateur des illustrations sur tes livres ?

L'illustratrice du Cycle des âmes déchues se nomme Cécile Guillot. Cette jeune artiste polyvalente a mis en image Le Mal en la demeure, puis sa suite Le sacrifice des damnés. Elle a également illustré le recueil Chimères d'albâtre qui n'est actuellement plus disponible.
Ma prochaine série à paraître aux éditions du Chat Noir s'inscrira dans le genre bit-lit et sera confiée aux soins de Miesis. Elle est une artiste talentueuse, spécialisée dans le travail numérique, qui a su capter l'esprit de mon roman.


7/ Quelles ont été tes sources d’inspirations ? (une musique, un film, un auteur …)

En matière d'écriture, mes sources d'inspirations sont éclectiques. Des classiques de la littérature fantastique comme Dracula, Carmilla ou les contes d'Edgar Poe m'ont beaucoup marqué dans ma jeunesse. Les récits de Lovecraft, de Tolkien et de Stephen King me fascinent également. Je suis un fan inconditionnel de Laurel K Hamilton – surtout des 10 premiers volumes de la série des Anita Blake – et j'admire la plume de Neil Gaiman.
L'esthétique et les thèmes du film The Crow ont eu un impact certain sur ma façon d'aborder une histoire. J'adore aussi les films de la Hammer et de Tim Burton pour la sombre poésie qui en émane. Pour la musique, j'apprécie les BO de films ainsi que les groupes dans le style d'Evanescence, Coldplay, Kean… ainsi que les compositeurs français de l'ancienne école comme Gainsbourg ou Michel Berger. Indirectement, la chanson reste pour ma part un vecteur d'inspiration pour se ressourcer.


8/ Est-ce que le mythe de la page blanche existe-t-il vraiment ?

Bien que je n’aie pas eu à ce jour à la subir, je pense qu'effectivement la page blanche existe. En tout cas, dans mon cas, sa crainte tient à une réalité. Sans doute apparaît-elle pour divers motifs, selon les auteurs.


9/ Combien de temps faut-il pour écrire un roman de ce style ?

Tout dépend de l'histoire sur laquelle je travaille. Hors documentation, Le sacrifice des damnés a demandé pour labeur une douzaine de semaines. Le 3e tome du Cycle des âmes déchues m'a pris davantage de temps. Le récit clôturait la série et la trame exigeait donc une densité narrative. Mais une fois un manuscrit de ce genre terminé, il faut aussi tenir compte de l'étape relecture qui prend, elle aussi, un temps variable.


10/ Peux-tu nous dévoiler un petit extrait de ton livre ?

«… Après plus d'une minute consacrée à s'imprégner du parfum des feuillages charrié par la brise, de l'odeur du bois et de la sève, la jeune femme enceinte effleura du bout des doigts la surface du grand cèdre. Un adieu tacite. Elle se dirigea ensuite lentement, tel un fantôme lunaire aux formes épanouies, jusqu'à une bordure où gueules de loup et pensées se côtoyaient dans une harmonie de pétales colorés. Léonore avait toujours éprouvé une véritable passion pour les fleurs. Les allées florales réaménagées au cœur des jardins du prieuré de Sainte-Rosière étaient son désir. C'est elle qui avait insisté pour que la roseraie et les bordures tombées en désuétude depuis des années soient remises en état. 
Avec difficulté, en prenant appui sur la devanture de la maison de Sélène, la jeune fiancée se baissa pour ramasser quelques tiges de gueules de loup offertes à sa convoitise. Une telle simplicité dans sa beauté… Norman était resté jusqu'alors happé par la vision de Léonore. Sa maladresse pour se composer un bouquet le décida à se lever dans un mouvement si rapide qu'un œil humain n'aurait pu saisir chacun de ses gestes. 
Une seconde auparavant, le vampire observait sa compagne assise et l'instant suivant, il se tenait tout proche d'elle. Léonore réalisa sa présence par-dessus son épaule lorsqu'elle sentit un frisson nocturne ramper sur sa nuque. Dans les pensées qui affluaient en elle pourtant, pas de crainte ni de méfiance. Seulement le réconfort d'avoir auprès d'elle l'être qu'elle aimait.
— Tu es là, murmura simplement Léonore.
D'un mouvement fluide, sans prononcer un mot futile, les doigts fuselés du vampire cueillirent une poignée de fleurs aux nuances subtiles et à la délicate fragrance. Puis, avec solennité, il offrit son butin floral à Léonore, souriante et émue. Deux êtres hors du temps pouvant se passer de paroles.
C'était l'une de ces accalmies précédant la fureur d'une tempête. Au fur et à mesure que la nuit avançait, un léger tapis de brume prenait forme aux pieds des amoureux. La flamme de la lanterne suspendue sous le porche de la demeure partageait l'éclairage feutré avec une lune opalescente et son cortège d'étoiles scintillantes.
Un cadre propice pour qu'un homme et une femme condamnés vivent leur dernière idylle.
Ni l'un ni l'autre n'osait troubler cette paix insouciante par des aveux superflus. Les ténèbres de la nuit accordaient à Norman un répit dans son tourment vampirique. L'espace d'un regard protecteur, il redevint le tendre amant qui avait vaincu la solitude de Léonore.
Comme s'il manipulait une poupée de cristal fragile, les bras glacials de Norman enveloppèrent la demoiselle pour l'attirer contre lui. Sa protégée en profita pour déposer un baiser chaste sur les lèvres froides si proches de son cou. Dans l'imprudence du moment, elle oubliait la tentation que pouvait engendrer chez un vampire ce geste pourtant si prude et spontané. En lutte contre l'appel de la soif de sang émergeant en lui plus virulent que jamais, Norman, s'immobilisa. Il tenait Léonore avec le plus de douceur possible. Il feignait d'ignorer le tranchant des crocs dans sa bouche, essayait de renier l'attraction du parfum de sa dulcinée sur ses sens affinés à l'extrême.
Il aurait pu se nourrir d'elle, là, sur-le-champ, sans qu'elle puisse lui opposer aucune résistance. Néanmoins, il n'imaginait même pas accomplir pareille horreur.
— Je t'aime, souffla la jeune femme dans une confidence langoureuse, complice.
Alors, cette simple déclaration innocente suffit à faire reprendre au vampire ses esprits et à chasser le prédateur qui rôdait en lui. Ce double importun que Norman désirait occulter, pour le congédier dans les limbes où était sa place.… »


11/ As-tu un projet en cours ?

Maintenant que l'écriture du Cycle des âmes déchues est terminée, je travaille actuellement sur un projet qui s'éloigne du romantisme gothique. Anges d'apocalypse, ma nouvelle série, m'amène à explorer le genre de la fantaisie urbaine. Plus contemporain et dynamique donc. Le Tourment des aurores, à paraître en janvier 2013 aux éditions du Chat Noir, en constituera la première partie.


12/ Un petit mot pour tes lecteurs ou futurs lecteurs ?

Le sacrifice des damnés qui vient de paraître aux éditions du petit caveau a été écrit de manière à proposer une lecture autonome. Il n'est donc pas nécessaire d'avoir lu le premier tome du cycle pour comprendre cette suite. Le concept de la série est de mettre en scène lors de chaque épisode une nouvelle génération de protagonistes. J'espère que les lecteurs à la recherche d'histoires sombres, au romantisme torturé, trouveront du plaisir à découvrir mes univers. 

Je voudrais remercier Stéphane pour le temps qu'il a pris à répondre à mes questions.

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