mardi 24 janvier 2012

Interview de Frédéric Mars

Aujourd'hui, je vous présente un auteur qui rencontre un réel succès avec son dernier roman "Non Stop". Et oui vous l'avez deviné c'est Frédéric Mars.

Voici la couverture de Non Stop
4ème de couverture
9 septembre 2012, Manhattan. Un homme ordinaire reçoit une enveloppe anonyme et se met à marcher en direction du métro. À peine s’est-il arrêté sur le quai de la station qu’il explose, semant la mort autour de lui. Très vite, les mises en marche et explosions de ce genre se multiplient à une allure folle. Sam Pollack et Liz Mc Geary, les deux agents chargés de l’enquête, doivent admettre qu’ils sont confrontés à une attaque terroriste d’une envergure inouïe. Une attaque non revendiquée et d’autant plus difficile à contrer qu’elle transforme des innocents en bombes humaines, faisant d’eux les agents de ce scénario apocalyptique. Tous se sont vu implanter un pacemaker piégé dans les deux dernières années. Tous reçoivent ces fameuses enveloppes kraft et se mettent à marcher. S'ils s’arrêtent, la charge explosive se déclenche, où qu’ils soient. Quels que soient leur âge et leur couleur de peau. La cavale sans fin de ceux qu'on appelle les Death Walkers, les marcheurs de la mort, ne fait que commencer.

Le trailer


Voici l'interview
1/ Peux-tu me parler un peu de toi ?
Je suis journaliste de formation, et j'ai évolué dans ce domaine (sur papier, puis sur Internet) pendant douze ans, avant de bifurquer définitivement vers l'édition. Je suis une sorte de stakhanoviste de la plume, qui écrit tous les projets qui lui tombent sous le clavier. Ce n'est pas toujours de tout repos, mais cela me permet d'en vivre depuis neuf ans. Au total, j'ai écrit près d'une soixantaine d'ouvrages, dans des registres très différents (essais, documents, pratiques, romans, etc.) et sous diverses identités.
Hormis l'écriture... je m'intéresse à tout ce qui m'y ramène ! J'y pense tout le temps. Et même quand je n'écris pas, je passe ma vie à prendre des notes, à consigner des idées ou des détails vus, lus, entendus et qui pourront me servir pour l'un de mes projets. C'est ce qui me passionne dans cette activité : elle donne du sens à tout ce que l'on peut faire d'autre, y compris les choses les plus quotidiennes et les plus triviales.  

2/ Comment devient-on écrivain ?
Je crois qu'il n'y a ni recette ni méthode. Chaque parcours d'auteur est singulier. Certains, comme moi, sont tombés dedans tout petit, d'autres n'éclosent qu'à l'âge adulte. Ce qui nous réunit tous, je pense, c'est ce moment où l'écriture devient une activité qui fédère en nous tout ce que nous vivons, pensons, voyons, éprouvons... Quand on se met à tout envisager en termes de "tiens, qu'est-ce que je pourrais en faire dans un livre ? Comment utilisez ça dans un prochain roman ?", alors c'est qu'on est mûr pour en faire une activité à temps plein. L'écriture romanesque est quelque chose d'obsessionnel, et ça qui en fait le prix.


3/ Qui t’as donné le goût de la lecture et de l’écriture  ?
Le goût de la lecture vient le plus souvent de son environnement familial. La maison de mes parents était envahie de livres, il n'y avait qu'à se servir. Je suppose que cela a joué. Quant à l'écriture, c'est mon prof de français lorsque j'étais en 6e qui m'a donné ce tout petit quelque chose de confiance en moi qui me manquait. Un jour il m'a félicité devant les autres élèves pour une tournure de phrase originale que j'avais employée, et à partir de ce jour je me suis dit que l'écriture pouvait être "mon truc". Ce simple compliment m'a donné envie de m'accrocher, d'essayer d'autres choses, d'en faire un outil que je maîtrisais et pas juste un pensum scolaire.

4/Comment t’es venue l’idée d’écrire Non Stop ?
L'idée m'est venue d'une brève publiée début 2010 par le quotidien anglais le Daily Mail, qui rendait compte d'une découverte du MI5, les services secrets britanniques. Une info qui serait passée pour un gag si elle avait été publiée le 1er avril. On y apprenait que des chirurgiens d'origine pakistanaise avaient été formés à l'étranger pour poser des implants mammaires piégés sur des femmes kamikazes. Ou d'autres types de prothèses piégées. Je n'ai eu qu'à imaginer ce que cela pourrait donner si ces implantations se faisaient à l'insu de ces mules explosives, et à grande échelle.

5/ Quand on lit les critiques, ils parlent tous de la série 24. T’en es-tu inspiré ?
Je ne récuse pas la filiation, au contraire ! De plus en plus de films et séries sont adaptés de romans. Moi, j'avais envie de suivre le chemin inverse : tenter de restituer le tempo et l'énergie si particulière de ce type de séries américaines sur papier. Ce fut mon challenge en tant qu'auteur, durant toute l'écriture de ce roman.
Et puis, j'ai été fan moi aussi, en son temps, de cette série. Pour préparer NON STOP, j'ai même revu une grande partie des huit saisons de 24 heures.  Moins pour y piocher des idées ou des infos, que pour m'imprégner de cette manière si particulière de découper l'action.

6/ Qu'est-ce qui a été le plus dur à l’élaboration du roman ? (les idées, les illustrations, l’éditeur …)
Ce livre est un petit miracle en ce qu'aucune étape n'a vraiment été difficile. Tout s'est fait dans l'harmonie et une réelle forme de fluidité. C'est d'autant plus notable que c'est assez rare dans l'édition. J'en profite pour rendre hommage à l'équipe de Black Moon, et en particulier à Cécile Terouanne, qui  ont été d'une écoute et d'une réactivité exemplaires.
Après, c'est du travail bien sûr. Mais je me souhaite d'écrire mes romans à venir dans d'aussi bonnes conditions.

7/ Qui est le créateur des illustrations sur ton livre ?
Le visuel de couverture ? Honnêtement, aucune idée ! C'est une photo d'agence, mais qui a été mise en scène avec talent par Sophie Coupard, qui réalise toutes lss très belles couvertures de Black Moon.

8/ Quelles ont été tes sources d’inspirations ? (une musique, un film, un auteur …)
Si je dois rapprocher ce livre d'un référent, ce serait sans doute des romans de Robert Ludlum, en particulier la série "Jason Bourne", adaptée au cinéma avec Matt Damon dans le rôle principal. Au-delà, il m'est un peu difficile de le ranger dans un registre ou une famille précise, car j'ai tenté un cocktail volontairement inclassable, mêlant suspense, enquête, scénario catastrophe, politique et espionnage. L'auteur américain le plus proche de cela serait sans doute Robert Littell, auteur de La compagnie, et  père du prix Goncourt 2006 Jonathan Littell.
À vrai dire, la comparaison est peut-être plus à chercher du côté du cinéma (Die Hard, ou les adaptations de la série Jack Ryan de Tom Clancy), des séries télé (24 heures chrono, bien sûr, mais aussi Sleeper Cell ou encore A la maison blanche) et même de la BD. Dans ce registre, je pense à l'immense série XIII, ainsi que, plus récemment, Empire USA.

9/ Le mythe de la page blanche existe-t-il vraiment ?
Comme tu le dis, c'est pour moi plus un mythe d'autre chose. Évidemment, si on s'assied devant son écran et qu'on se dit : "bon, maintenant je vais écrire un livre", il y a peu de chance qu'on puisse produire quoi que ce soit. En revanche, si on mûrit une idée durant des mois, qu'on établit un synopsis très précis de l'histoire, et qu'on sait donc très précisément où on veut la mener, il y a peu de risques de souffrir de pannes d'inspiration. Au pire, on aura des jours "sans" où les mots viendront un peu plus difficilement, guère plus.
Et puis, une fois de plus, quand on consacre sa vie à l'écriture, tout, absolument tout ce que l'on vit peut servir de carburant. Il est donc rare de tomber réellement à sec.

10/ Combien de temps faut-il pour écrire un roman de ce style ?
C'est très variable, en fonction du temps qu'on peut y consacrer chaque jour, du volume de recherches et de documentations nécessaires, de la précision de la construction du récit préparée en amont... Dans ce cas particulier, cela m'a pris environ 5 à 6 mois.

11/ J’ai entendu dire que c’était « Le » livre de l’année, quel effet cela te fait d’entendre ça ?
C'est nécessairement exagéré. Il sort des centaines de romans chaque année, et beaucoup de bons, ou au moins d'intéressant. Mais je suis évidemment sensible au fait que celui-ci semble toucher et remuer pas mal de ses lecteurs. Le pire, pour un auteur, c'est de ne susciter que de l'indifférence !

12/ T’attendais-tu à un tel succès ?
Je pense qu'il est encore trop tôt pour pouvoir parler d'un "tel succès". Mais petit à petit, je trouve un public. J'avoue ne pas tout sacrifier à cela. Notamment parce que j'aime changer de genre et de registre à chaque roman. Il est plus facile, pour se faire identifier et aimer des lecteurs, de creuser toujours le même sillon. Or, pour moi, l'intérêt de ce métier consiste justement à explorer tous les thèmes qui m'intéressent - et il y en a beaucoup ! - à ne pas me cantonner dans un seul modèle de narration. Le chemin vers le succès est donc plus long pour moi. Mais ce n'est pas grave. Et puis, je suis bien aidé par mes éditeurs actuels, qui me soutiennent.

13/ Peux-tu nous dévoiler un petit extrait de ton livre ?
Oui... mais je préfère te laisser choisir. Après tout, ce n'est pas moi le lecteur, moi je ne suis que l'auteur, donc sans doute le plus mal placé pour choisir... ;-)

14/ As-tu un projet en cours ?
Je n'écris qu'un livre à la fois, mais je planche toujours sur plusieurs projets en parallèle. Tandis que j'écris l'un, l'avance sur la recherche documentaire ou le plan d'un autre.
Le tout prochain sera une sorte de suite /spin off, 2 000 ans après, du Livre du mal (le Sang du Christ), un thriller historique au temps de Jésus qui est  sorti récemment en poche chez J'ai lu.
Ensuite, j'ai en projet un autre thriller pour Black Moon, où il sera beaucoup question de livres et d'écriture, et qui se passe dans les environs de l'université d'Harvard, aux États-Unis (encore !). Mais je ne peux pas en dire plus pour l'instant.

15/ Un petit mot pour tes lecteurs ou futurs lecteurs ?
Oui : surtout, lisez de TOUT ! Ne vous arrêtez jamais à un auteur, un genre ou un style. Variez, testez, expérimentez... Et, si dans cette quête sans fin votre chemin croise celui de mes livres, j'en serai heureux aussi !

Je voudrais remercier Frédéric pour le temps qu'il a pris à répondre à mes questions.

Vous pouvez le retrouver 


Par ailleurs, je vous rappelle qu'une Lecture Commune a été organisée par Livraddict et qu'elle sera suivie d'une discussion avec Frédéric, le 30 janvier 2012 via le forum.

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