mercredi 8 octobre 2014

Interview Sabrina Faurite #2, auteure de Nous n'irons jamais au Mont Saint Michel








1/ Comment vas-tu depuis la dernière fois ?

Aujourd'hui, je vais bien mais j'ai connu une période personnelle difficile. Lorsque nous nous étions rencontrées, si ma mémoire est bonne c'était pour la sortie de "La femme au chapeau de paille" en 2010, un premier roman que j'ai écrit à quatre mains.
Nathalie Mazzini, ma sœur d'écriture, nous a quittés en janvier 2011. En sa mémoire et à la demande de tous ceux qui la connaissait, j'ai terminé "In love.net", roman que nous avions écrit à 80 %. Il m'a fallu du temps pour pouvoir me remettre à l'écriture. Sans elle, rien n'était plus pareil.
La vie a continué mais toujours dans la souffrance, un divorce, un déménagement, une perte de repères m'ont fragilisé.
Ensuite, Je me suis dit que Nathalie m'avait permis de réaliser un rêve et que je n'avais pas le droit de refuser cet immense cadeau. J'ai donc continué à écrire, un troisième roman "Il n'y pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous, sorti en 2012, cette fois écrit toute seule.



2/ Pourquoi avoir décidé d’écrire ce roman (autobiographique) ?

Croyant que ma reconstruction était sur la bonne voie, j'ai de nouveau ouvert mon cœur à un homme mais cette relation s'est avérée très compliquée.
Il fallait que j'exorcise cette histoire, que je mette un point final pour pouvoir reprendre ma vie en main.
Quoi de mieux pour moi que de mettre des mots sur des maux ! Rires…
Ce livre m'a autorisé à me libérer. J'étais perdu dans cette histoire avec cet homme, je sombrais, je vivais un amour impossible qui m'a conduite à la dépression, qui m'a ôté l'envie de vivre, qui m'a fait douter chaque jour un peu plus.
Je voulais, il fallait que je me remette en question, mais pas seulement moi, je voulais aussi tenter de comprendre celui que j'aimais.
Le fait d'écrire m'a délivré en quelque sorte. J'avais un trop plein de sensations, de sentiments, d'incompréhension, de peurs, d'angoisses.
"Nous n'irons jamais au Mont St Michel" peut être considéré sous plusieurs angles ; une remise en question, une thérapie, un témoignage, un adieu, une preuve d'amour, un deuil.




3/ Cela n’a pas été dur de coucher sur papier ton ressenti et ta vie ?

La première chose qui a été difficile pour "nous", oh joli lapsus ! Pour moi donc est de me questionner sur le "pourquoi" je ferais une autobiographie. Je me disais que cela n’intéresserait pas grand monde.
Mais très vite, je me suis dit que j'en avais un besoin vital, que le fait d'écrire mon histoire allait peut être m'aider à comprendre cet homme d'une part et d'autre part sur le "pourquoi" j'avais accepté tant de choses.
Au début, je ne savais pas très bien comment j'allais m'y prendre et où je mettais les pieds. Mais je sentais au plus profond de moi qu'il fallait que je passe par là.
Alors, par crainte, je pense, je n'ai pas gardé mon prénom et j'ai décidé que ce serait Eva mais j'employais le "Je".
Quant à Elyes, je ne pouvais le nommer autrement. Rien que le fait de prononcer ce prénom qui m'était jusqu'alors inconnu, tout me revenait par bouffées ! Mon amour, mes sentiments, le bonheur que j'avais connu auprès de lui et puis les désillusions.



4/ Qu’a dit ton entourage quand tu leur as annoncé que tu écrivais sur cette histoire ?

Mon entourage n'a pas été tout de suite au courant puisque je ne savais pas moi-même ce que je voulais transmettre.
Ensuite, il y a eu une grosse pause de ma part, en raison de mon état de santé. Donc, ce n'était plus au goût du jour.
Tout le monde était inquiet pour moi, l'écriture passait au second plan.
Je n'avais plus la force d'écrire. Je me battais contre moi-même et contre la dépression.
Cela n'a pas été une période glorieuse, ni pour ma famille qui se sentait impuissante, ni pour moi qui broyait du noir H24.
Plus tard, j'ai décidé de reprendre l'écriture de cette étape de ma vie, je me suis accrochée à cette idée.
Ma mère, mes filles, mes amies m'ont soutenu tout en gardant un œil angoissé par rapport à cette dernière.
Personne ne savait ce que le livre contenait donc tout le monde a patienté longtemps avant de savoir ce que j'avais transcrit de cette période.
Je pense qu'elles auraient préféré que je tourne la page rapidement mais cela m'était alors impossible.



5/ Est-ce que c’est toi qui a demandé à tes filles d’écrire  la préface ou elles-l’ont fait d’elles-mêmes ?

C'est l'éditeur qui m'a demandé une préface.
Je n'avais jamais sollicité quelqu'un auparavant.
L'idée de proposer cela à mes filles m'est venue rapidement parce qu'elles étaient à mes côtés lors de cette histoire, je ne voyais pas d'autres personnes plus à même de parler de moi. De la femme, de la mère que j'étais.
Elles ont accepté simplement et l’on écrit en une semaine.
J'en ai pleuré à la lecture. Elles me connaissent vraiment bien et c'est toujours touchant de l'entendre ou plutôt de le lire dans ce cas.
Je suis fière de mes filles c'est ma plus belle réussite. Et je sais que personne ne nous enlèvera notre complicité. Nous sommes un bloc.



6/ As-tu revu Elyes ? Et si oui, qu’a-t-il pensé de ton roman ?

Elyes est longtemps resté omniprésent dans ma vie. Il me téléphonait, m'envoyait des textos, me disait qu'il regrettait.
Depuis la sortie du livre, je n'ai plus aucun contact avec lui. Il sait que le livre existe mais je n'en sais pas plus.



7/ Combien de temps t’a-t-il fallu pour écrire ce roman ?

Etant donné que j'ai fait plusieurs pauses dans l'écriture et que pour la première fois, j'ai travaillé avec une correctrice, je dirais que j'ai mis, en gros, un an et demi.
J'ai beaucoup pleuré pendant mes périodes d'écriture, j'ai beaucoup douté aussi, je ne voulais pas me contenter de dépeindre un homme qui m'avait déçu, je voulais aussi m'attacher à ce qui m'avait plu chez lui.
Grâce à ce temps, j'ai réussi à intégrer dans l'histoire des sujets qui me parlent. Je ne me suis pas limitée à mon histoire d'amour avec Elyes, j'ai aussi associé des faits de société comme la vieillesse, la maladie, la précarité.



8/ Qu’est-ce qui a été le plus dur à l’élaboration de ce roman ? (les idées, les illustrations)

En premier lieu, le plus difficile a été de rester objective et de ne pas mettre toute la faute ou toutes les responsabilités sur Elyes. Je pars du principe qu'un couple c'est deux personnes et qu'il y a toujours des torts venant des deux côtés.
En deuxième lieu, le fait de me replonger sans cesse dans ce moment douloureux m'a demandé beaucoup d'énergie.
Et pour finir, trouver une trame qui tienne la route pour ne pas ennuyer le lecteur. C'est la raison pour laquelle, je précise bien que "Nous n'irons jamais au Mont St Michel" est une autobiographie romancée.



9/ Qui est le créateur de la couverture du roman ?

J'ai pour habitude de faire mes couvertures moi-même parce que j'ai toujours une idée bien précise de ce que je veux.
D'autre part, je ne sais si tu as fait attention, mais il y a toujours un chapeau sur mes couvertures.
C'est un peu ma marque de fabrique en quelque sorte !



10/ As-tu un nouveau projet en cours ?

J'ai toujours des projets en cours, certains prennent vie, d'autres pas.
A l'heure actuelle, je me donne beaucoup pour la promotion de "Nous n'irons pas au Mont St Michel".
Dédicaces, salons demandent beaucoup d'investissement et de temps.
Et j'ai toujours beaucoup de plaisir à rencontrer des gens.



11/ Si oui, peux-tu nous dévoiler un petit extrait d’un des livres ?

Beaucoup de mes lectrices et lecteurs me réclament la suite de "La femme au chapeau de paille", chose qui n'était pas du tout prévu.
Je vais donc tenter de répondre à mon lectorat.
J'y pense.



12/ Comment as-tu trouvée ta nouvelle Maison d’Edition, SUDARENES EDITIONS ?

J'ai rencontré David et Stéphane lors du salon de St Laurent du Var il y a deux ans, je pense.
A l'époque, je venais de sortir "Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous".
Le courant est passé tout de suite entre nous. J'appréciais leur dynamisme et le fait qu'ils étaient de la région.
Je m'étais promis d'envoyer mon prochain manuscrit.
Et voilà, aujourd'hui je fais partie de leurs auteurs, ils sont toujours à l'écoute, très présents et toujours prêt à s'améliorer, j'aime leur état d'esprit.



13/ Comment cela se passe avec les autres auteurs ?

Je n'ai pas encore rencontré tous les auteurs, ils sont nombreux. Mais ceux avec qui j'ai eu le plaisir de partager un salon ou une journée de dédicaces ont été charmants, avenants et sympathiques.



14/ Tu étais au Salon du livre de Vence, comment s’est passée ta journée ?

Oui, j'étais présente le samedi 26 septembre dernier, ce fut une journée très agréable.
D'abord le cadre magnifique, le soleil qui était au rendez-vous et les organisateurs d'une gentillesse incomparable. En sachant que ce sont des bénévoles c'est d'autant plus savoureux.
Le Maire nous a fait la gentillesse de venir nous saluer et les lecteurs étaient nombreux.



15/ Quelles sont les dates de tes prochaines dédicaces ?

Mes dates de dédicaces, je ne les connais que très peu de temps avant.
Je peux te dire que normalement le 1er novembre, je serais au Luc mais pour l'instant je n'ai pas plus de précisions.
Obtenir un stand n'est pas toujours simple pour l'éditeur cela entraîne un coût.
Pour être réactive, j'ai créé une page facebook "Nous n'irons jamais au Mont St Michel" où je mets quotidiennement toutes les informations relatives au salons et dédicaces. 
Et pour tous ceux qui ne seraient pas sur ce réseau, il y a le site : prose2femmes.fr



16/ Vas-tu au Salon du Livre de Mouans-Sartoux la semaine prochaine ?

Non, je ne serais pas au Salon de Mouans-Sartoux cette année, le livre étant sortie en août, je pense que l'éditeur avait déjà fait son planning pour ce salon très connu et très apprécié.
J'espère que l'année prochaine, j'aurais ce privilège !
(le salon du livre a eu lieu du 3 au 5 octobre 2014)


17/ Un petit mot pour tes lecteurs ou futurs lecteurs ?

Un énorme MERCI parce que sans eux, je ne serais sans doute pas en train de converser avec toi.
C'est grâce à eux que j'existe aujourd'hui en tant qu'auteure et j'aime le lien que nous entretenons.
Certains me suivent depuis le début et c'est très touchant de pouvoir connaître leur ressenti pour tel ou tel livre, c'est très enrichissant.
J'aime les gens, j'aime la vie, c'est une nourriture pour moi.
Avec le temps des nouveaux rejoignent notre famille et c'est toujours avec autant de bonheur que j'ai plaisir à les accueillir, à les connaître ou simplement à dédicacer un livre à son prochain propriétaire.




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