vendredi 27 février 2015

Interview de Jess Swann







1/ Peux-tu me parler un peu de toi ?

Ouch la première question est hard ! Alors que dire… J’ai 35 ans (bientôt 36) et je vis dans les Ardennes (oui oui c’est un vrai département !). Côté vie perso j’ai un Darcy et deux chats. Côté vie professionnelle, je suis conseillère dans une entreprise chargée d’accompagner des personnes privées d’emploi….




2/ Comment devient-on écrivain ?

Je ne sais pas si il y a une recette miracle mais en tout premier lieu je dirais : en travaillant ! On ne devient pas écrivain sans écrire… Mais ce n’est pas tout, quand je parle de travail, je suis sérieuse. Devenir écrivain c’est aussi savoir accepter que sa prose n’est pas parfaite et tirer parti des critiques. Il faut être capable d’accepter le fait que tel passage que vous adorez et que vous trouvez tellement bien écrit est en fait superflu.
Il faut aussi faire preuve de méthode, chacun ayant la sienne.
Pour ma part, ça passe par la rédaction d’un plan très détaillé en amont de l’écriture pure (chaque rebondissement y est inséré, ça permet de vérifier la cohérence du scénario), la rédaction de fiches personnages (qui sont-ils, que veulent-ils, leurs traits physiques et de personnalité). Une fois ces deux étapes passées, je passe à la rédaction pure (la partie que je préfère). Puis une première relecture, généralement en lien avec les retours de mes bêtas lecteurs. Puis la soumission à un éditeur. Et enfin les « vraies » corrections éditoriales, généralement le texte est revu entièrement au moins deux fois avant d’être publié.
Toutes ces étapes sont importantes et demandent énormément de temps et de travail. Il faut soigner l’orthographe, la grammaire, les caractéristiques des personnages afin de leurs créer une identité propre. Il faut aussi soigner son style, surtout dans les passages non dialogués. Savoir ouvrir un dictionnaire des synonymes. Traquer les moindres détails. 
Et puis, il faut aussi avoir une dose de chance… écrire le bon texte au bon moment, tomber sur le bon éditeur.
Et bien entendu, je dirai qu’il faut avoir un minimum de talent et d’imagination ^^
Sans oublier le plus important : des lecteurs… après tout ce sont avant tout eux qui font qu’on devient écrivain… Si personne ne nous lit à quoi bon ?



3/ Qui t’as donné le goût de la lecture et de l’écriture ?

Ma mère m’a donné le goût de la lecture en m’apprenant à lire très jeune… Ensuite, j’ai continué à lire : je suis enfant unique et sans livres, les vacances scolaires m’auraient sans doute semblées bien longues. De plus, j’ai toujours été entourée de livres, mes parents sont de gros lecteurs tous les deux.
Pour l’écriture, je dirais que c’est à force de lire les romans des autres, ça m’a donné envie d’inventer mes propres histoires. J’ai commencé par des fanfictions sur l’univers de Pirates des Caraïbes auxquelles j’ai ajouté très vite mes propres personnages. Les retours des lecteurs (les reviews) m’ont aidée à parfaire « ma technique » et j’ai commencé à diversifier mes fan doms et à développer mes propres histoires (le scénario initial de « La dame aux papillons provient » d’ailleurs de cette période)
Plus généralement, j’aime voir les mots s’afficher sur l’écran de l’ordinateur à mesure que je tapote, voir les personnages se dévoiler, vivre et… être la seule maitresse de leur destin (vive la toute puissance , lol). Lorsque j’écris, je m’immerge complétement dans d’autres mondes, d’autres existences. Ca me vide la tête et me permet de m’évader. C’est avant tout pour ça que j’écris. Si je n’y prenais plus de plaisir, j’arrêterais.



4/Comment t’es venue l’idée d’écrire ce genre de livres ?

Quel genre ? La romance ? Du gothique ? Des versions modernes ? Des histoires de pirate ?

Parlons en premier de la romance, parce que je reconnais qu’il y en a toujours dans mes écrits. J’aime parler des relations entre les individus en général, j’aime les belles histoires d’amour et de ce fait, j’aime inventer les miennes (dans ce domaine j’ai des références très basiques : Autant en emporte le vent, la série Angélique de Anne Golon…) J’aime les histoires d’amour avec des rebondissements, des enjeux, de l’aventure (c’est d’ailleurs le centre de mes histoires de pirates, il y a toujours une quête et des sentiments^^).

Sur le style « gothique » ou « horreur » : j’ai un certain gout morbide pour les histoires qui se finissent mal…  C’est d’ailleurs mon principal problème avec la définition actuelle de la romance : pour certains, l’histoire d’amour doit obligatoirement bien se finir… Pas pour moi.

Enfin, sur mon côté ré écriture moderne de classiques : d’une part je dirais que c’est mon côté fan fiqueuse qui continue à s’exprimer. J’adore les classiques, j’en lis énormément et le fait de les transposer au monde contemporain satisfait mon côté maniaque (il faut respecter l’esprit de l’œuvre originale et ses étapes tout en les réadaptant aux codes de la société actuelle : de ce fait, il faut être sensible aux moindres détails de l’œuvre originale, ce qui passe par une relecture attentive avec prise de notes, puis à un plan détaillé avec la transposition de chaque événement de l’original).

Sur comment l’idée m’en est venue, en vérité à la base je n’y aurais pas pensé si Les Roses Bleues n’avaient pas lancé un appel à texte pour une version moderne de Pride & Prejudice…. A cette époque j’écrivais des fanfics, je n’avais jamais pensé à publier « officiellement » quoique ce soit. J’ai tenté ma chance pour m’amuser, pour tester mon style auprès d’une pro et parce que j’adore ce roman. J’ai été sélectionnée (à ma grande surprise) et j’ai aimé l’expérience. Du coup, j’ai continué.
Le genre de roman que j’écris dépend de mon envie au moment où j’ouvre mon traitement de texte, j’ai des tas d’embryons de texte en magasin mais les versions modernes restent un incontournable, j’aime vraiment ça !



5/ Qu’est-ce qui a été le plus dur à l’élaboration du roman ? (les idées, les illustrations, l’éditeur …)

Le plus dur ? Pour les versions modernes, c’est toujours l’élaboration du plan, des personnages afin de ne pas trahir les originaux.

Pour les autres c’est aussi le plan : trouver une bonne idée, dérouler la pelote et créer des intrigues secondaires pour donner de la profondeur aux personnages.
Une fois que le plan est fait je dirais que le reste coule de source et que c’est du « remplissage » (mes plans sont vraiment très détaillés lol).

Sur la recherche d’éditeur, j’avoue que j’ai toujours eu de la chance : je n’ai jamais eu besoin jusqu’à présent d’envoyer mon manuscrit et d’attendre avec anxiété une réponse. Pour le premier roman j’ai été sélectionnée sur projet, puis Artalys m’a fait confiance pour la suite.
Au sujet des illustrations, pas de problème non plus, l’éditeur s’en charge (pas forcément de mot à dire) à l’exception de La dame aux papillons, celle-ci a été réalisée par une illustratrice (Mailys Garault) qui m’a proposé son projet.



6/ Qui est le créateur des illustrations sur tes livres ?

Pour AOP, je ne sais pas, l’éditrice a tout géré.
La dame aux papillons, c’est Mailys Garault.
Constance & Séduction : Abigail Dreams



7/ Quelles ont été tes sources d’inspirations ? (une musique, un film, un auteur …)

Mes sources d’inspirations principales sont littéraires et le cinéma/tv.
Pour les versions modernes évidemment Jane Austen.

La dame aux papillons, ce sont les romans gothiques anglais (Ann Radcliffe, Wilkie Collins entre autres), j’aime l’ambiance un peu oppressante, voire étouffante que ces classiques dégagent.

Sur Le Seigneur du Miroir Fumant, mon projet actuel : Pirates des Caraïbes (d’ailleurs à la base le projet est une adaptation d’une de mes anciennes fan fics), Les Mystérieuses cités d’or (j’étais fan étant enfant !)

Et de manière plus générale, tout ce qui met en scène des amours compliquées, conflictuelles de Autant en emporte le vent à Vampire Diaries (d’ailleurs mon Damon Drayton est directement inspiré de Damon Salvatore pour son physique ^^). Des images aussi, j’ai écrit pas mal de petits textes qui m’ont été inspirés par des tableaux ou des créations sur Deviant Art.

Sur le physique de mes personnages, ce sont souvent des acteurs qui m’inspirent (j’ai besoin de me créer une image mentale des personnages principaux avant de commencer à écrire ^^). Les personnes que je rencontre dans ma vie réelle aussi, leurs réactions, des situations vécues ou qu’on m’a raconté : en fait tout est potentiellement utilisable ^^



8/ Je suppose que tu es une fan de Jane Austen, pourquoi revisiter ses livres ?

Tu supposes bien (en même temps si je disais l’inverse ça poserait question ^^). Comme je l’ai expliqué dans une précédente question, pour AOP ce fut une question d’opportunité. Cependant, j’ai aussi une autre motivation : rendre hommage, à ma manière, à ces histoires (ce qui explique aussi mon souci du détail) et une petite ambition aussi : donner envie à certains de lire ou relire ces classiques.
Montrer que finalement, les choses ne sont pas si différentes de nos jours qu’à l’époque de Jane, tout du moins en matière de sentiments.



9/ Est-ce que le mythe de la page blanche existe-t-il vraiment ?

Sûrement mais à ce jour, je ne l’ai jamais vécu. Bien entendu, il y a toujours des passages plus difficiles à écrire, des points de scénario qui énervent mais je n’ai jamais vécu de blocage.



10/ Combien de temps faut-il pour écrire un roman de ce style ?

Alors tout dépend des personnes, mais pour moi qui travaille à plein temps dans ma vie réelle, il me faut énormément de temps. Je dirais 6 mois minimum en partant de l’élaboration du plan jusqu’au point final du premier jet. Les corrections viennent en bonus… Après tout dépend du temps que je réussis à libérer pour écrire, en règle générale je fonctionne par demi journée minimum. Le top étant bien entendu d’avoir une semaine d’écriture complète, dans ces cas là, je m’immerge complétement dans l’histoire et je progresse très vite



11/ Peux-tu nous dévoiler un petit extrait de ton livre ?


Oui bien sûr, j’aime assez celui-ci qui, selon moi, pose bien le caractère de mes deux personnages féminins, Isobel et Helen

Je me tournai vers Adam. Nos yeux se nouèrent et j’oubliai les mots d’adieu que je m’étais promis de lui adresser. Helen vint à mon secours :
« Salut Adam, j’espère qu’on se reverra vite ! Surtout, si tu as l’occasion de passer par Chester, n’hésite pas à nous appeler. Tu as le numéro d’Isobel de toute façon ! » s’exclama-t-elle joyeusement tout en l’enlaçant.
Adam lui répondit sans détourner ses yeux des miens :
« Oui, je n’y manquerai pas. Faites bon voyage. »
Je balbutiai quelques mots puis je rejoignis ma sœur dans la voiture. Là, je luttai pour ne pas me retourner vers lui tandis qu’Helen soupirait.
« C’est dingue. Adam n’a rien à voir avec cette peste de Lauren ! Enfin, tant mieux pour toi. Quand avez-vous prévu de vous revoir ?
— Nous n’avons rien projeté du tout, la tempérai-je.
— Roooo arrête, il a failli t’embrasser la dernière fois, c’est toi-même qui me l’as dit. »
Jamais je n’avais autant regretté une confidence hâtive.
« Oui mais c’était sur l’impulsion du moment, ça ne voulait rien dire…
— Au contraire, s’enflamma Helen. Ça voulait tout dire ! Vu comme Adam est tiédasse, le fait qu’il se jette sur toi comme ça ne veut dire qu’une chose : il t’aime ! »
Je secouai la tête. Une part de moi avait envie de la croire mais une autre part, plus raisonnable, me ramena à la réalité.
« On ne tombe pas amoureux en deux semaines. Les sentiments, ça met du temps à s’installer, alors même si j’apprécie beaucoup Adam et que je pense que c’est réciproque, c’est trop tôt pour parler d’amour.
— Pfff, et le coup de foudre, t’en fais quoi ? »
Je souris avec indulgence.
« Je trouve ça mignon mais peu crédible. »
Helen leva les yeux au ciel.
« Ce que tu peux être terre à terre, on dirait une vieille fille ! Moi, je suis sûre que le coup de foudre existe. »
Sa voix était tellement fervente que je l’interrogeai :
« Comment peux-tu en être aussi certaine ? »
Les yeux verts de ma sœur plongèrent dans les miens.
« Parce que le moment venu, je trouverai mon prince… »
Amusée, je souris.
« Et si tu ne le trouves jamais ?
— Alors je mourrai jeune et le cœur sec », répliqua Helen.
Une angoisse irraisonnée me saisit.
« Ne plaisante pas là-dessus.
— Ce n’était pas le cas », rétorqua-t-elle avant de changer de sujet.



12/ As-tu un projet en cours ?

Oui et un gros. Je travaille actuellement sur une saga mêlant piraterie et mythologie aztèque : Le Seigneur du Miroir Fumant qui se déroulera en 3 époques, chacune de deux tomes.
Une fois que j’aurais terminé le tome 1 de la première époque, je commencerai ma version moderne de Northanger Abbey



13/ Un petit mot pour tes lecteurs ou futurs lecteurs ?


Merci de me lire. J’espère que vous prendrez autant de plaisir en lisant mes histoires que j’en ai eu à les écrire.



Voici mon avis sur La dame aux papillons

Page Facebook de Jess Swann ICI

2 commentaires:

Clem' et ses bouquins a dit…

ça aurait été cool d'avoir un petit bio de l'auteur et la présentation d'un des livres qu'elle a fait, parce que là je ne vois pas du tout qui c'est !

Joan's Kingdom a dit…

La délicatesse et l'humilité ne sont a priori pas les raisons pour lesquelles je vais te répondre, cela dit c'est vrai pour la bio.
Par contre, j'ai mis un lien sur ma chronique la Dame aux papillons qu'elle a écrit et ensuite il y a un lien vers sa page Fb :)